SOIREE OENOLOGIE LILLE Eric Dugardin et MOUTON ROTHSCHILD

Le STAGE OENOLOGIE E. DUGARDIN a 20 ans avec Mouton -Rothschild.

Dix vins de Bordeaux rouges de millésimes impairs, d’un 2013 de haute volée pour terminer par l’élégance du fameux Mouton Rothschild 1993 !

Parfaite conservation de ce très beau bouchon.

Parfaite conservation de ce très beau bouchon.

C’est au sympathique restaurant « By Proxy » boulevard V.Hugo à Lille que nous accueille Philippe DUBACQ, installé depuis un an dans ce quartier en pleine rénovation, près de la Porte des Postes.

Ce n’est pas tous les jours que l’on peut apprécier et comparer l’évolution des grands vins de Bordeaux avec un témoin de chaque millésime impair. Parmi la sélection, des étiquettes illustres suivies par Stéphane Derenoncourt comme Château Pin Beausoleil 2001, Château d’Aiguilhe 2003 ou Château Bellevue en St Emilion 2005.

 

Les flacons sur 20 ans

Dans le détail, la robe des vins évolue avec les années. D’un rouge rubis foncé au disque mauve ou pivoine, on passe progressivement à des robes plus dépouillées, d’un disque  légèrement grenat, se rapprochant des 10 ans d’âge et jusqu’aux franges plus tuilées ; mais ô combien encore soutenues par un cœur de couleur assez sombre !

  1. Cht Grand Corbin Despagne 2013. 1er de la série, le nez qui domine par  la cerise confite, de framboise mure, est d’une extrême gourmandise avec une touche fumée « enrobante ».
    La bouche est tres franche, riche en extraits, un corps assez large, bien centrée, surplombant le difficile millesime. Aromatique et âpre, mais salivant. Longueur sur la retenue. Joli vin a attendre 2 ans. Le lendemain, expression supérieure. Finesse au nez, tanin soyeux en bouche avec generosite.  En vente chez Cuvelier Fauvarque a Haubourdin
Une sélection drastique en 2013 qui paye !

Une sélection drastique en 2013 qui paye !

2) Cht Fougeailles, AOC Lalande 2011. Ici, du fruit noir mur, des nuances fumees-boisees discrètes et intégrées.  Bouche franche, d’une texture serrée et boisée. Corps sur la retenue comme la longueur. En apparence l’élevage s’impose beaucoup malgré ses 2/3 ans de bouteilles. Nécessite un carafage. A suivre

3) Cht Laroche Pipeau, Fronsac 2009
Nez plus qu’intéressant, s’appuyant sur des pépins murs, de l’amande discrète au milieu des baies rouges comme la framboise. C’est fin et frais avec de la subtilité florale a l’aération et une certaine élégance.
La bouche est centrée, prenant vite une amplitude aromatique agréable et de bonne corpulence, misant sur l’equilibre et la fraîcheur. Tanins agréables, assez soyeux malgré la jeunesse et l’âpreté. A apprécier d’ici un an jusqu’en 2010. Jean.grima@wanadoo.fr mentionné sur le bouchon, c’est sympa pour la communication !

4) Cht Canon 1er Gcc St Emilion 2007
Un des ténors de la soirée mais dans une année tendre. Nez très élégant dans une présentation harmonieuse de fruité légèrement aigrelet et enveloppante. Nuances fumées et impressions odorantes discrètes d’argile, mêlée au calcaire. Évolution en finesse, avec une retenue du bouquet. Bouche aux tanins soyeux, élégante et de corps équilibré. Bouqueté, en décalage des tanins encore primaires. Le volume surplombe le corps longiligne et réservé. Les flaveurs s’expriment sur le pétale de fleur, le noyau de cerise, des amers discret de reglisse. Ce sera savoureux et exquis avec une oxygenation lente d’une nuit ou carafage de dernière minute. Il entrera dans le quinté des vins préférés de la soirée.

Envoutant et sensuel après 3 heures d'ouverture

Envoutant et sensuel après 3 heures d’ouverture

5) Bellevue 2005, St Emilion Gcc.
Une référence présentée à Lille par Stéphane Derenoncourt lors d’une soirée « Primeur 2005 » organisée pour les anciens stagiaires « Gout-et-vin.com ». C’était donc il y a 10 ans ! Propriété plein sud, dirigée par les Thienpont.

Nez au 1er abord assez complexe, annonciateur d’une « certaine classe » ou classe certaine, avec une tonalité aromatique de belle maturité de raisin, du confit de peau, nuances de réglisse et un soutien discret de fraîcheur, ouahhh… Le coeur est plus concentré qu’il ne le montrait au début. Évolution complexe d’une étonnante jeunesse avec à coeur des nuances d’épices associées au fruit, du pétale de fleurs et une « densité calcaire ». Bouche effectivement dense, de texture serrée, « crayeuse » avec droiture ou verticalité de la présence en bouche. La longueur devient sublime avec son potentiel de progression. Excellent flacon ! Le lendemain un reste extrêmement truffé et génial.

Dans le tiercé de la soirée

Dans le tiercé de la soirée

6) Cht d’Aiguilhe 03, Castillon. magnifique propriété du XIIIè siècle, d’une centaine d’ha. Appartenant depuis 1998 au Comtes von Neipperg. Toujours un coup de cœur pour moi, ici acheté en primeur au printemps 2004. La robe  de ce millésime de sécheresse présente une légère évolution. Le nez sur la retenue n’a rien perdu en finesse, un fond aromatique « sur le soleil, » cuir fin et discret, épices englobées dans la profondeur fruits rouges et tomate séchées. Évolution timide mais profonde, violette et bonbon, presque chamallow contrasté avec le cuir fin.  Bouche exquise, veloutée de texture et soyeuse de tanins. Corps généreux, calorifique du millésime, épicé dans ses flaveurs avec de la muscade du raisin séché, des écorces contribuant a la charpente progressive. Longueur d’une traversée torride d’un canyon calcaire. Fond de verre surprenant sur les écorces d’arbres comme le boulot, l’encens discret et le cèdre, la coriandre… A boire et a garder, superbe !

Toujours coup de cœur à mes yeux

Toujours coup de cœur à mes yeux

7) Pin Beausoleil 2001 (Arnaud Pauchet, créateur de la Crèperie de Beaurepaire a Lille en 1980), Bordeaux Supérieur.
Ici le nez a dominante fumé et terre avec une certaine retenue et progressivement de la finesse. Structure élégante et profonde, se révélant en volume et épanouissement. Le fruit est devenu plus compoté qu’il y a 2 ans et s’englobe dans un bouquet terroir agréable. C’est à l’aération que l’humus et la truffe se font sentir, soutenus par l’importance ici du sol. Bouche soyeuse, de corps longiligne, très frais de saveur, ayant intégré les tanins, eux même fermes ! Flaveurs fumées et pointe variétale de tanin. L’aération lente lui conviendra fort bien. La longueur se révèle, sans avoir le corps de l’illustre voisin. Il s’épanouit librement, « mettant les voiles sur la Dordogne ».

Enfin à son apogée et quelle réussite !!

Enfin à son apogée et quelle réussite !!

8) Clos de la Rose 99, St Emilion.  Nez d’intensite évoluée, sur des notes cuir, fumées, un leger réglisse.
Bouche assez présente d’un point de vue aromatique, souple et vite en allonge. Le corps est plutôt léger, les tanins un peu âpres et délayés devenant plus secs. A revoir après aération.

9) Les Moulins de Ht Lansac, 97, Cotes de Bourg.
R. grenat légère, disque évolué.  Nez également évolué sur des senteurs feuillus et fumées. Complexité légère, épanouie, sur fond un peu kirchée, prune cuite.  B. Franche et tres souple de texture. Vin équilibré dans ses saveurs, plus ample que bouqueté. Pas désagréable. Fondu. A boire.

10) Chasse Spleen 95, Moulis. Le fameux château « so british »
D’une très belle robe encore sombre, le nez sur la retenue avec une dominante fruits séchée, fumé, écorce végétales discrètes. Évolution sur des nuances menthol intéressantes et donnant du relief.
Bouche énergique, avec une trame vive et sêveuse, structurant le volume par le coeur de bouche. Tanins intégrés au corps. Jolie charpente décalée sur la longueur, tonique et généreux avec une belle « buvabilité ». Belle progression a ce stade.

11) Enfin le Château Mouton Rothschild, 1993, Pauillac.
R. sombre grenat, disque peu évolué, viscosité très fine éparse.
N. Immédiatement ELEGANT et bouqueté finement. Intensité surprenante tout en étant aérien, développé sur un ensemble plutôt fumé et associé a des senteurs végétales boisées. Il y a discrètement du camphre, du laurier, du macis (écorce de muscade), de la cerise séchée et c’est très fin. Évolution aussi intéressante mais en subtilité avec du tabac blond, une torréfaction discrète pour devenir embaumant.
B. également toute en finesse, mais avec une tonicité progressive, une générosité calorifique associée à la saveur sêveuse des fruits macérés et des épices intégrées. Vin savoureux, élégant, tonique et calorifique, la rémanence est encore retenue mais se fait sentir, pour nous attirer progressivement dans un abyme de délectabilité ! ED

Le Mouton R 1993

Une modeste partie de l’histoire de Mouton

 

About The Author

Eric DUGARDIN

Après l'Ecole Hôtelière du Touquet, les candidatures furent immédiates aux concours de Sommellerie (Trophée Bacchus, Ruinart, Armagnac, Meilleur Sommelier de France Sopexa, Master of Port) et en parrallèle des fonctions de Sommelier. Du Commis Sommelier à 18 ans avec J.P. Arabian à Lille, Sommelier à "La Belle Epoque" du Queen Victoria Lille avec J.C. Wallerand, en passant par Chef Sommelier à 22 ans chez Michel Rostang à Paris, jusqu'à Directeur de Restaurant à La Laiterie de Lambersart. Bénévole à l'Auberge de l'Ill à Illhaeusern, afin de mieux se préparer à la finale (remportée) du Master of Port 1991. Passage à l'Université du vin à Suze la Rousse 10 ans plus tôt, entre deux concours pour prendre les meilleures bases en analyse sensorielle. Fréquentations du Maître en physiologie du Goût : Jacques Puisais régulièrement à Tours (merci Pierre Couly) et à Lille. Collaboration à la chronique gastronomique de Nord-éclair et son auteur, feu Claude Chrétien pendant de nombreuses années avec Yves Thorez. Professeur d'Hôtellerie au Lycée -UFA M.Servet de F59 LILLE depuis 1989 complété par l'activité de Sommelier Conseil depuis 1992. Conseil avec Chateau Haut Gléon en Corbières pendant 9 ans ; rédaction des commentaires et fiches techniques. Travail d'assemblages des cuvées 2 fois par an de 1992 à 2001. Conférencier pour Inter-Rhone pendant 9 ans, puis Formateur accrédité pour le Bureau des Vins de Bourgogne jusqu'à ce jour. Animateur du WBC de Lille depuis 4 ans.