Pierre RICHARD et son vin de Corbières.

.L’acteur Pierre RICHARD est aussi vigneron depuis 1986.

C’est à Gruissan que Pierre RICHARD a trouvé son petit paradis et qu’il participe aux assemblages de ses cuvées et vin de Corbières en 3 couleurs. Le Domaine est géré par sa soeur sur une aire d’AOC très vaste et très caillouteuse. Le sol est donc pauvre, la production plutôt modérée et la qualité surprenante.

Des Corbières de caratère.
Des Corbières de caratère.

LA DEGUSTATION effectuée à Bondues aux Caves Delannoy en présence de Pierre Richard : les robes des 3 rouges sont prononcées, les arômes sont marqués par les senteurs de garrigues et de pierre chauffée par le soleil, d’où des notes de fumé associées aux fruits à noyaux.

. La première cuvée rouge nommée Démon 2011 est très agréable en arômes typés de l’AOC. La bouche est plutôt « franche du collier » pour reprendre une expression vigneronne, charnue avec de la consistance. Des arômes réglissés autour d’un cœur kirché mais frais et persistant. On s’attendait à moins d’assurance dans ce début de gamme, c’est donc un Démon plutôt rebelle !

. Le Château Bel Eveque 2012 possède plus de nuances aromatiques tel le cuir fin, le cacao mais très vite complété par les senteurs proches des plantes : chlorophylle et  romarin. Il prend de l’envergure avec un peu de carafage et s’approche de tonalités plus truffées ou musquées. La bouche est plus aimable, s’appuyant sur une texture plus lisse et un relief des tanins prenant également la charpente attendue. La « buvabilité » est apparente, c’est très bon ! Garde 3/9 ans

. La cuvée Cardinal 2011 issue de 2 cépages et non 4 est plus soutenue par sa robe (sans jeux de mots) avec une viscosité très fine aussi. La classe du  nez de havane dissimulé par le cuir et la truffe nous mènent dans une atmosphère d’église avec les tons de bois nobles, d’encens, d’essences balsamiques et épicées du cépage mourvèdre (plus connu à Bandol). C’est une basilique pour cet Evêque.  La bouche est étonnante de sensualité, tapissée par des tanins soyeux et denses. Le bouquet est confit, fume avec des nuances tabac brun. C’est très long tout en étant enveloppant et très agréable de corps. Accords nécessaires sur des plats fins à sauce brune et teintés d’épices et d’olives noires. Ris de veau à la réglisse, Cochon ibérique en mode caramélisé. Tagine d’agneau et aux amandes etc. Garde  jusqu’à 7/9 ans.

Le 4ème vin est blanc et dénommé DEMON aussi. De robe jaune soutenu, brillante, le nez s’impose par son élan aromatique étonnement frais a dominante florale et fruits à noyaux sur impression de fond d’iode, ca respire les étangs et les galets. Bouche volumineuse dès l’approche, caractère sec avec de la rondeur vraiment sphérique et une enveloppe de peau de fruit au palais. Après coup la fraîcheur rémanente est inattendue et nous présage des beaux accords de poisson de roches et en bouillabaisse avec ou sans l’aïoli. La St Jacque est à habiller d’huile d’olive exclusivement !
Le rosé quand a lui possède des reflets cuivrés. Nez discret mais plutôt sur la retenue, cachant épices et noyaux de cerise. Le curry et la muscade progressent avec l’aération, alors que la bouche nous ramène sur la finesse d’un vrai rose de gastronomie. C’est fin et très sec, à la fois tactile comme le calcaire et délicat comme un pétale de rose, enveloppant avec des épaules larges tout en étant salivant. Excellent flacon qui nous mènerait à écouter la parole de ce démon. ED