Saint Emilion et Stéphane Derenoncourt à LILLE

Stéphane Derenoncourt sur Saint Emilion a exprimé ce soir du 8 janvier 2014…

ses sensations gustatives empiriques et très cohérentes  avec le ton et les mots qui inspirent le respect !

Dégustation de 7 Premiers grands crus classés de Saint Emilion, conseillés par Stéphane.

La moitié des 1er GCC sont conseillés par Stéphane derenoncourt
La moitié des 1er GCC sont conseillés par Stéphane derenoncourt

1) Le Cht Beausejour Duffau 2011 a 80% Merlot + Cabernet Franc exposé sud-ouest, possède en dégustation une robe sombre, un nez frais avec pureté dense de fruits murs. C’est déjà une surprise de gourmandise, avec touche d’épices, élégance de la texture et une belle profondeur. On commence fort.

Une présentation claire, précise.
Une présentation claire, précise.

2) Sans complexes, avec le 2008, millésime de garde, pour l’illustre Canon La Gaffelière, situé près de la Gare de St Emilion. Le sable y joue un rôle : un nez du vin lié a l’élégance (du propriétaire), une profondeur aromatique de cœur une fraîcheur de fruit indéniable sur le 2008 et sa belle évolution de notes épicées (liée aux raisins de la Côte Sud très certainement). Bouche de texture serrée, franchise des tanins avec une élégance rare enveloppant le palais (tel la cape d’un Don Diego de Série TV) Vivacité et équilibre de saveurs, soyeux des tanins plutôt “tapissants” et longueur aromatique raffinée qui se renforce en densité de texture.  (La présence de 35% de raisins Cabernet Franc justifie cette interprétation).  Superbe !

3) D’un autre 1988, nous remontons sur le coeur de l’AOC St Emilion. avec le plateau argilo-calcaire de Clos Fourtet. Raisins Merlot a 85%, Cab. Sauvignon a 10%, et Cab. Franc a 5% repris par les Cuvelier. Vinifié en cuve ouverte, grains entiers, façon bourguignonne). Robe comparable et jeune, nez plus aérien, aussi élégant et délayé dans une impression de longueur…l’évolution a l’air se fait plus généreuse (situation solaire) sur la peau de fruit et les herbes fraîches. La bouche est un peu plus palpable, voluptueuse, prend de la hauteur, se structure “en croix” avec une longueur toute en buvabilité. Quelle netteté de comparaison et encore un très beau vin.

Contrôle des flacons de Saint Emilion avant service.
Contrôle des flacons de Saint Emilion avant service.

4) Avec Cht Larcis Ducasse nous sommes en Côte Sud, sol argilo-calcaire et le maximum de Merlot (89%) complété de CF. Sol proche de Pavie avec calcaire fossilisé. S’agissant d’un 2007, la robe est légèrement évoluée, le nez est d’un fruité plus fumé et étonnement “salin”. Intensité aromatique de sensation large avec étoffe (seulement produit a 25hl/ha). En bouche c’est élégant de texture et évanescent, donnant de la hauteur…nuageuse, de l’étoffe et un caractère savoureux. Ce vin libère sa rémanence, possède de la générosité et un certain confort à consommer !

5) Avec le Cht La Gaffeliere nous retrouvons la trilogie des cépages dont les cabernets a même hauteur de 10% et en côte Sud. Pour le même 2007 la robe est plus jeune. Le nez est plus complexe avec beaucoup d’extraits, des notes de terre ferrugineuse, du cacao finement fumé, des cerises macérées et une certaine profondeur d’expression ! Beau potentiel d’évolution. La bouche confirme par sa constitution avec une franchise centrée immédiatement, prolongée par son bouquet comparable au nez. Vivacité et amertume témoigne d’un beau potentiel de garde comme tous les millésimes de ce grand château (Ah le 59…).

6) Ce vin très attendu par son histoire à l’époque des “vins de garage” (tapez le mot sur internet) est une perle rare. A ne pas confondre avec Cht La Mondotte. Sur le 1er millesime 96 mis en oeuvre par SD et le Conte de Neipfberg le prix annoncé fut a 180 francs. Dix jours plus tard il fut a 3500 francs. Ici avec le 2004 nous avons eu un vin d’un niveau “extra-terrestre” plus sérieusement : extravagant, envoûtant, sur un concept aromatique nous transportant sous un autre climat avec du confit, du fumé-viandé, des épices. Bouche de charme, de densité et de volupté insolente et profonde. Que déguster après cela ?…

7) Pavie Macquin 1999 grâce à ses 5 ans d’écart et en ayant quitté un millesime 2004 qui ne s’imposait pas en puissance alcoolique. Ici c’est de la hauteur que nous prenons (voir photo de fin-aout). Toujours 80% de merlot, le CF descend a 18% et s’ajoute 2% de CS. Robe sombre, de peu d’évolution malgré un certain dépouillement. Quelle finesse au nez ! Quelle élégance ! Du fruit, des fleurs, de la terre noble dans ses effluves. Bouche toute aussi élégante avec une minéralite paradoxale au regard des argiles qui composent le sol. La texture en bouche laisse une sensation élastique des tanins et s’ajoute de la salinité. Le bouquet est à dominante airelles confites, le vin est tout naturellement savoureux, il fait suite à tous ces ténors et nous apporte une finalité étonnante, reposante et accomplie. Dégustation symphonique parfaitement orchestrée par un Casadessus de la vinification Stephane Derenoncourt. Commentaires Eric Dugardin, Président de Vignes en Nord. https://www.gout-et-vin.com ou  https://www.facebook.com/lesVignesEnNord.