VENTE de la CAVE de PIERRE PERRET

Première expérience Consultant VINS avec l’Hôtel des ventes MERCIER & Co à F59 LILLE, chez Mr Pierre PERRET www.mercier.com 

Avril 2018, départ en fourgon 30 m3, direction région Parisienne au sud de Melun, nous avons 2 jours trajet compris pour inventorier et emporter une partie de la cave de Mr Pierre PERRET. C’est la 2ème fois que l’artiste confie cette tâche à la maison MERCIER. Il faut dire que la cave est volumineuse et de qualité. Les magnums sont nombreux en Bordeaux, mais pas que, car le grand blanc Montrachet du Domaine Fleurot en bourgogne est bien représenté sur plusieurs années.

DECOUVERTE de la CAVE de Pierre PERRET

Belle cave construite sur le modèle Bordelais, murs épais et soupirails de ventilation manipulables selon les températures extérieures (idéales pour raffraichir la cave la nuit en été).

Les casiers de rangement sont très spacieux car Mr PERRET a souvent acheté ses vins par « pièce » bordelaise d’une contenance de 225 litres environ, ce qui nous donne 300 bouteilles. A l’exemple de l’excellent Chateau Recougne situé près de Fronsac à Bordeaux (AOP Bordeaux Supérieur) ou du fameux Chateau Marquis de Termes en AOP Margaux et grand Cru Classé de 1855 sous Napoléon III. Ce dernier regorge en millésime 1966 qui sera vendu moins de 16€ à Lille. Même si le vin est d’un âge vénérable et sur les tons grenat-tuilés, donc en phase de maturité largement épanouïe, le raffinement des margaux reste légendaire en bouche et la texture ne peut qu’au pire, relever certains amers de fin de bouche, soutenance d’un discours : »dommage qu’on n’ait pas pu l’apprécier plus tôt » ou chez Pierre PERRET lui-même. Des noms illustres comme Lino Ventura, Serge Gainsbourg, Charles Aznavour, Jean Carmet etc, Michel Drucker qui lui peut en témoigner.

La belle anecdote du Cheval blanc 1950.

Mr Perret curieux de nature, aimait compléter notre manipulation des bouteilles, par quelques détails, comme un « au revoir jolis flacons ». Quelques unes resteront sur place selon le NIVEAU du vin dans les « épaules » reflétant un écart de qualité du liège, n’ayant pas rempli complètement sa mission.

L’anecdote fut la bouteille, sans étiquette en bas de casier métallique alvéolé. Mr Perret l’identifie aussitôt « Ah ça c’est une 1950 de Cheval Blanc (le plus connu des 1ers Grands crus classés « A » de St Emilion), vous allez retrouver l’étiquette certainement derrière ». Effectivement quinze minutes plus tard, en allongeant le bras dans le 2ème rayonnage juxtaposé du 1er nous la retrouvons au sol. Prenant la bouteille pour appliquer l’étiquette (sèche) à sa place sans garantie qu’elle s’y tienne, je lâche un cri d’effroi voyant le flottement du bouchon, descendu à niveau épaule de la fameuse bouteille. Le capuchon du flacon est pourtant impeccable, la dive bouteille n’a plus que son habillage de tête pour limiter l’oxydation néfaste irrémédiable. Question : depuis quand ce naufrage ? Réaction de Pierre PERRET : « Et bien nous n’avons plus qu’à la boire » d’un air amusé et réconfortant pour moi. (Au passage, sans ce naufrage, nous aurions bû un Chateau Margaux dont le niveau était trop bas pour l’inscrire au catalogue Mercier). Je vous passe les différentes références qui ont occupé l’après-midi pour vous raconter la suite du Cheval Blanc un peu terni comme s’il avait perdu son cavalier « de liège ».

DINER DETENTE

Diner détente avec simplicité et bons produits du jardin tant en fruits qu’en légumes, chez les Perret on aime les produits maison mais aussi les terrines. Tout est bon bien sur et c’est surtout l’atmosphère, le cadre qui sont appréciables. Mr Perret me confie des carafes et me dit « allez Mr le Sommelier, occupez vous de nos vins vous avez carte blanche ».

Le midi j’avais apporté un effervescent coup de coeur personnel et un Rivesaltes Cuvée Aimé Cazes 1975 qui a fait merveille sur la tarte aux pommes finement relevée.

Le soir ce fut le Champagne de propriétaire brut zéro (sans sucre ajouté) de Mr Perret et de très beau niveau. Il précéda le chateau Recougne 2000 et le Chateau Grand Corbin D’espagne 1964 excellent et inattendu dans la qualité d’ensemble.

 

 

Je me suis amusé à servir ces vins en laissant planer le doute du Cheval Blanc au programme de cette soirée. Celui ci fut bien sur servi en dernier et fut étonnant de jeunesse en matière de couleur. Le nez expressif en finesse et maturité aromatique, révélant des notes de terre humide mais encore de fruit compoté, sans nuances désagréables bien au contraire. Moyennement complexe dans ce millésime, la bouche fut rîche en émotions car de belle tenue en texture et tanins fins. Equilibre de saveurs entre fraicheur et générosité, un frisson le long de ma colonne vertébrale en appréciant la fameuse persistance aromatique du grand cru, grand quelque soit le millésime !

Dernier souvenir laissant une trace indélébile, la dédicace du livre de Pierre PERRET

Le livre de P.P riche en anecdotes avec des personnages célèbres.

Au fait, quizz du bouchon flotteur ? Vraisemblablement tombé au moment de la manipulation. E.D