Château PIERRAIL – Des Ch’tis bien installés à Bordeaux

Nous sommes ici sur la commune de Margueron à la limite de la délimitation Bordeaux.

Au coeur de La Chapelle
Au coeur de La Chapelle

 Point de situation de prestige ici, pourtant l’histoire du château Pierrail remonte au 17e siècle et c’est la famille Demonchaux qui s’y est installée. Jacques Demonchaux est un Ch’ti, né à 59 930 La chapelle d’Armentières. Fils de Mme Ringot de la Sct éponyme en sélection de semences artisanales. Mr Demonchaux était un homme de terrain dans l’entreprise parentale jusqu’au rachat par Monsanto. Devenu délégué aux affaires commerciales, il préféra prendre ses distances pour s’installer a Bordeaux. Il rencontra à Paris Alice sa future épouse (née à Lille) et sut la convaincre d’interrompre ses études de Sciences Po et  de le suivre à Bordeaux. Plus récemment leur fils (également Lillois Aurélien, les a rejoint avec BTS Viti-oeno entre autres.

Les vins se présentent de la façon suivante :

Le blanc issu de 2 types de raisins sauvignons, le blanc (le plus répandu) et le gris (fyé gris) La robe est d’un jaune intense aux reflets or vert et d’un bel éclat. Le nez prime immédiatement par un volume droit et profond, s’étoffant comme une ombrelle florale avec des nuances racines assez proche du calcaire humide. Très vite des écorces d’agrumes subtiles s’associent au tilleul, pour devenir minéral façons “coquilles d’huîtres frottées”. C’est élégant de surcroît.

La bouche n’est pas en reste, dans un profil épuré, fin de texture, avec une franchise très présente et plutôt déterminée. Beaux équilibres de saveurs entre vivacité, gras de texture et générosité de corps. C’est ce corps qui fait la rémanence et la longueur. Il en est vertical d’esprit et laisse le palais flatté et guilleret. Accords classique de fruits de mers, poissons fumés, fromage de chèvres peu affinés, mais aussi la cuisine asiatique.

En 3 cuvées
En 3 cuvées

En rouge “Les Hauts de Naudon” 2012 issu de la parcelle du même nom sont issus de cépage Merlot à 90% et complété de Cabernet Franc.

La robe est d’un rouge très sombre, profonde et avec un disque serré. Le nez présente un bel équilibre fraicheur-générosité avec une dominante de fruits rouges fumés. Des notes de cape de cigare discrètes, pétales de rose, feuille verte et fond d’humus humide. Le volume est élégant au profit du floral humide. Le 2eme nez paraît un peu crayeux (enracinement) avec un fruité “suré” et une générosité agréable. La bouche est immédiatement soyeuse de texture (qualité de peau du raisin). Un corps assez profond est développé sur la fin de bouche. Le bouquet est kirché, pruné, fumé. Les saveurs sont acidulées, tanins ré actifs et un peu collants, soutenus par des amers de la plante. Le volume est agréable et aérien. Le cœur est assez savoureux, malgré l’habillage des tanins. Une évolution d’1 an lui sera profitable, mais sans attendre. L’associer a une salade de gésiers et foie gras, brochette d’agneau et tomates séchées, un Cabécou et un Cantal jeune.

Bien loin des terres classées,  La qualité s'en est rapprochée.
Bien loin des terres classées, La qualité s’en est rapprochée.

Le Château Pierrail 2012 a une robe comparable avec une nuance grenat. Le nez est élégant et complexe de constitution. Puissance modérée, arômes de fruits rouges à noyaux, mêlés de notes poudrées, amandes discrètes, écorce végétales et moka. Évolution intéressantes avec plus de profondeur et équilibre sur un ensemble généreux et progressivement plus bouqueté et finement camphré. Bouche très élégante dans son approche de texture et de volume. Le corps est modéré mais devient large. Les tanins sont fins, denses et tapissants. L’ensemble est frais, généreux, gourmand, de belle substance et aimable. Accords gastronomiques avec un feuilleté de ris de Veau Sauce brune, un tournedos aux cèpes, une mimolette 1/2 viei

  1. Dugardin Eric