Saint Emilion et la terre des “Corbin”

 

SITUATION de l’appellation St Emilion

qui représente environ 5% du vignoble bordelais, sur la rive droite de la Dordogne. Sur des coteaux pouvant aller jusqu’à environ 108 m, point culminant de la colline millénaire, le vignoble est un chandail de vignes, sous un climat tempéré à influence océanique. 5 400 hectares de vignes replantées après le phylloxéra de la fin du 19ème siècle et après les fortes gelées de 1956.

La colline aux mille châteaux est occupée par 850 déclarants de récolte environ. Le cépage principal est le merlot. Les vins rouges ont une aptitude au vieillissement de 15 à 30 ans. Selon leur complexité, certains révèlent encore leur noblesse après un demi-siècle. On les sert vers 17/19° de température sur une terrine de gibier, une viande rouge de préférence avec un jus de rôti ou une sauce au vin, des fromages affinés ou des fruits rouges nature en saison, s’il fallait terminer le même flacon, sur un bon moment passé entre amis. http://www.vins-saint-emilion.com

Carte Bordeaux Académie

L’inclinaison des sols

favorisent l’insolation, la maturité des raisins et le drainage naturel pour les meilleurs terroirs. Les sols sont de natures très variables entre calcaire (hauts de coteaux ou plateau), argiles et calcaire (entourages de plateaux et mi-coteaux), argilo-graveleux et sables sur secteurs périphériques. Cette géologie et son relief, se comparent à un escargot dont le centre en pointe, est le calcaire et les stries, les écoulements rejoignant la Dordogne !

St Emilion et les Corbin

CEPAGES

La variété de vigne principale au nom « Merlot » (raisin des merles) est préférée au célèbre « Cabernet Sauvignon » de la rive girondine opposée. Sa richesse sucrée et aromatique, sa complexité de composants cellulaires, transformés par la fermentation alcoolique en font un vin de velours, de franchise, de volume et de grande rémanence (persistance aromatique). Le 2ème cépage étant le Cabernet Franc (surnommé Breton dans la Loire Angevine et Tourangelle) apporte ici une tannicité fine et serrée selon le volume produit sur les parcelles. Assemblé aux vins issus du Merlot, le travail d’assemblage peut être considéré comme un art, si la sensibilité du Maître de Chais, palpe les textures du vin, comme on mesure au toucher la granulosité d’une terre calcaire comparée à la densité de l’argile ! Ces différences de terroirs pour chaque parcelle, amènent une réflexion de l’humain et de ses choix : de la culture à la dégustation d’assemblage, en passant par le travail du Maître de Chais.

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Vous retrouverez donc dans le vocabulaire de la dégustation ci-dessous, des mots se rapprochant du toucher des sols et associés aux équilibres de saveurs (acidités, alcools, tanins…), stimulateurs ou bloquants d’arômes (sujet à développer ultérieurement). Chaque moment d’appréciation du flacon sera différent selon son âge, la saison ou vous l’appréciez, le contexte, votre disposition à l’apprécier et l’accord plat pouvant intervenir dans cette alchimie !

Parenthèse sur l’historique St Emilion, empruntée au site du Conseil de St Emilion :

Cette appellation est une des plus anciennes de l’histoire Girondine, puisque de mémoire je me souviens avoir lu un texte qui diffère des précisions portées ci-après. (Ce texte disait qu’un certain amateur Phocéen (Grec d’Asie Mineure) aurait abordé les rives de l’estuaire, et séduit par le site, aurait décidé d’y installer son « fundum » (domaine) et son fils, un certain Ermilianus Picratos…) n’ayant ni compétences, ni autorité pour le valider, je vous invite à suivre le travail de fond effectué par les autochtones Libournais, sur le site suivant : http://www.vins-saint-emilion.com/explorez/historique/historique et avec cet extrait ; « Saint Emilion n’est pas une légende. Son culte s’enracine à la fois en Bretagne et bien-sûr, à Saint-Emilion. Le premier témoignage sur la vie de cet ermite, datant du XIIe siècle, raconte son projet de rejoindre Saint-Jacques de Compostelle. On trouve sa trace à Saujon puis vient s’installer à « Ascumbas », ancien nom de Saint-Emilion où il aménage une église dans le roc et s’établit autour de lui une petite communauté religieuse. Après sa mort, le 16 janvier 787, ses disciples creuseront au dessus du sanctuaire initial l’église monolithe que l’on visite toujours aujourd’hui. La cité de Saint-Emilion était née… »

COMMENTAIRES DEGUSTATION du 29 Janvier 2013 

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à Lille (avec l’Association œnologique Dionysos) : Les « Corbin » 2009 situés sur la carte à l’ouest, à proximité de l’AOC Pomerol, les sols sont de types argilo-siliceux et graveleux. Les fameux Château Cheval Blanc et Figeac à proximité, ont la particularité de faire une place importante au cépage cabernet franc. Les domaines dégustés ci-dessous sont à dominante merlot d’environ 60% et complétés par le dit cabernet franc

1)     CHÂTEAU GRAND CORBIN MANUEL 2009
ROBE : profonde, sombre et brillante.
NEZ : raffiné, embaumant dont l’étoffe marie chêne et fruits noirs. Évolution fumée, empyreumatique.
BOUCHE : veloutée et vive, rattrapée par les tannins immédiats en franchise. Corps centré et structuré laissant se percevoir la longueur du fruit, détaché de la structure, appréciable en bouquet. Le verre vide devient floral et valorise sa pureté de matière.
2)     CHÂTEAU HAUT CORBIN 2009
ROBE : très profonde, disque aux franges assez serrées. Tonalité cerise, légère évolution. Robe profonde.
NEZ : corpulent, puissant, solaire, de feuilles chauffées, fruits noirs, fruits séchés, profond.
BOUCHE : suave, élégante, texture franche, enrobante par ses tanins fondus dans la matière. Saveurs équilibrées (entre acidité, tanin et alcool). Après évolution en bouche, le vin devient volupté.
3)     CHÂTEAU CORBIN MICHOTTE 2009
ROBE : comparable avec une très belle viscosité ou nappage brillant.
NEZ : charmeur, généreux, gourmand, sur registre d’écorces végétales et fruitées, cerise et cacao, légèrement floral avec une touche de cèdre.
BOUCHE : franche et longue sur des amers de peaux de fruits, proche des marasques. Très belle évolution bouquetée.
En résumé : l’extravagant aromatique, exotique et satiné.

4)     CHÂTEAU GRAND CORBIN 2009
ROBE : très sombre, profondeur importante. Disque moins concentré.
Nez caractéristique des cerises, marasques et prunelle.
BOUCHE : très gourmande, immédiatement longue et demeurant savoureuse. Le corps est volumineux avec un certain relief dissimulant un potentiel structurel.
Bouquet fruits noirs confits, fleurs mauves avec un beau potentiel de garde.
5)     CHÂTEAU CORBIN 2009
ROBE : profonde et sombre.
NEZ : raffiné dont l’étoffe marie chêne et fruits noirs sur fond sensuel, étonnement floral. Ce millésime 2009 a quelque chose de Marrakech, toasté et exotique.
BOUCHE : étonnement facile a boire, révélant ses tanins progressivement de façon enveloppante, savoureuse, dense et finement amers. Parfumé par ses raisins rôtis, finement épicés par le solaire 2009.

 6)     CHÂTEAU GRAND CORBIN DESPAGNE 2009
NEZ : centré, fin, complexe mais proche de la terre au cœur du fruit !
BOUCHE : franche, riche, structurée, ferme, tonique et veloutée a la fois.
Vin dense mais toujours fin dans le voile des tanins. La structure est “terre a terre” et assise sur les fondations du sol.
Bouquet puissant sur le confit, la torréfaction de fève.

En résume de ces 6 vins :

CHÂTEAU GRAND CORBIN MANUEL 2009
En image : « Le puriste ou l’hédoniste, il donne tout pour que l’on en profite ».

CHÂTEAU HAUT CORBIN 2009
En image : « le solaire très élégant, complexe et mannequinné. »

CHÂTEAU CORBIN MICHOTTE 2009.
En image : « l’extravagant aromatique, exotique et satiné. »

CHÂTEAU GRAND CORBIN 2009.
En image : « le distingué et éloquent. »

CHÂTEAU CORBIN 2009
En image : « évocation aux Jardins de Majorelle. »

CHÂTEAU GRAND CORBIN DESPAGNE 2009
En image : « conviction du toréador dans l’arène. »

Eric Dugardin, Sommelier Conseil depuis 1992 www.gout-et-vin.com  dugardin-eric@wanadoo.fr  +33 6 60 69 54 21